Le pont de l'espoir

Les relations entre générations sont un sujet à la mode. Ici et là, penseurs et acteurs sociaux s’y intéressent, tentent de bâtir des ponts. Le débat est crucial : les aînés doivent se faire entendre.

Depuis un an ou deux, il ne se passe pas une semaine sans qu’un média n’évoque, sous une forme ou une autre, le concept de l’intergénérationnel : mentorat, clauses discriminatoires ou orphelin, relation entre grands-parents et petits-enfants, Pont entre les générations… Dans leur intérêt mutuel, jeunes et vieux doivent à l’évidence se tendre la main.

De leur côté, les aînés récoltent gratification et épanouissement en restant actifs et en se mêlant à l’ensemble de la société, ainsi qu’en donnant leur opinion sur l ‘éducation des enfants, l’école, la santé ou la pauvreté, entre autres sujets. "Le temps de la retraite n’est pas qu’un temps libre pour soi : il est un temps de disponibilité et d’engagement", soutiennent à cet égard Marguerite Hogue-Charlebois et Raymond Paré dans Les nouveaux retraités. Éclairant.

Si autrefois la famille élargie permettait aux aînés de transmettre leur savoir, cela n’est plus vrai aujourd’hui. Pour témoigner de leur expérience, ceux-ci doivent se tourner vers d’autres lieux. Dans ce contexte, différents milieux de travail ont fait une place au mentorat, où les employés plus anciens, parfois en fin de carrière, apportent un appui aux nouveaux venus. Ainsi peut se perpétuer la culture de l’entreprise.

Par ailleurs, la Maison des grands-parents de Villeray est un bel exemple de lien intergénérationnel réussi, une fois tournée la page de la vie professionnelle. Cette association met en contact des retraités avec des jeunes de tous les horizons. S’engage alors un échange constructif grâce à diverses activités : soutien aux décrocheurs, réseau d’entraide pour familles en difficulté, ateliers de couture, cuisine collective, etc.

En cette année internationale des personnes âgées, il est question que le gouvernement tienne un Sommet de la Jeunesse. La rencontre entre les générations doit avoir lieu. Pour ne pas perdre nos racines et notre mémoire. Malgré les difficultés, un tel projet de société n’a rien de désespéré.

À preuve, ce commentaire de Clémence Racine, coordonnatrice de la Maison des grands-parents de Villeray, recueilli par le revue Recto Verso – dans le cadre d’un dossier intitulé Après la lutte des âges paru en mars dernier – : "L’attitude change envers les aînés…Ce n’est plus : on va leur laisser une place, mais plutôt, qu’est-ce qu’on ferait sans eux?".

Source : http://www.fadoqmtl.org/chroniques.asp?ID=183&UsrID=49




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