Les groupes de soutien améliorent-ils la survie des femmes atteintes de cancer du sein?Objectif
Évaluer si l’ajout d’une thérapie de soutien en groupe aux soins habituels influe sur la survie et le fonctionnement psychologique des femmes atteintes d’un cancer du sein métastatique.
Conception
Essai clinique randomisé.
Contexte
Sept centres de cancérologie au Canada.
Participants
235 femmes atteintes d’un cancer du sein métastatique et dont la survie anticipée était d’au moins trois mois.
Interventions
Les participantes ont été réparties en deux groupes : un groupe qui participait chaque semaine à une thérapie de soutien de 90 minutes en groupe (158 femmes) et un groupe qui ne recevait aucune intervention psychosociale spécifique (77 femmes).
On a demandé aux femmes du groupe « intervention » de s’engager pour un an ou plus si les séances étaient bénéfiques. Chaque groupe était composé de 8 à 12 femmes. Ces femmes étaient accompagnées par deux thérapeutes expérimentés (psychologues, psychiatres, travailleurs sociaux ou infirmières cliniciennes), dont un au moins était une femme. Cette thérapie était instaurée pour encourager le soutien parmi les membres du groupe et favoriser l’expression des émotions quant au cancer et aux effets importants sur leur vie. Une séance de 90 minutes par mois était aussi offerte à la famille et aux amis.
Tous les quatre à six mois, l’ensemble des participantes recevaient du matériel éducatif concernant le cancer du sein et son traitement ainsi que de la documentation sur la relaxation et l’alimentation.
Principales mesures des résultats
La principale mesure des résultats était la survie. La mesure secondaire des résultats était le fonctionnement psychosocial. Les femmes, au début de l’étude et tous les quatre mois par la suite, ont rempli un questionnaire psychosocial autoadministré incluant un profil de l’humeur et une échelle de douleur tels que ceux qui ont été utilisés par Spiegel et Bloom.
Résultats
Avec les 158 femmes qui étaient affectées au groupe « intervention », le taux de participation à la thérapie de groupe a été de 66,7 %. Les raisons mentionnées pour s’absenter ont été la maladie, le besoin d’un traitement médical et l’incapacité de se déplacer. Trente femmes ont abandonné la thérapie de groupe après une moyenne de 3,5 mois et huit femmes n’ont participé à aucune séance.
La survie moyenne a été de 17,9 mois dans le groupe « intervention » et de 17,6 mois dans le groupe témoin (RR : 1,06 ; IC à 95 % : 0,78-1,45).
Les questionnaires psychosociaux ont été remplis par 71 % des femmes du groupe « intervention » et par 65 % de celles du groupe témoin (p = 0,43). Les troubles de l’humeur (p = 0,02), la dépression (p = 0,002), l’anxiété (p = 0,002), la colère (p = 0,007), la confusion (p = 0,02) ainsi que la douleur (p = 0,04) étaient significativement moindres dans le groupe « intervention » que dans le groupe témoin. Les femmes qui étaient les plus affligées au départ ont plus bénéficié de l’intervention que celles qui l’étaient moins. Il n’y avait cependant pas de différences significatives en ce qui concerne les symptômes de fatigue ou de manque d’énergie.
Conclusion
L’ajout d’une intervention psychosociale ne prolonge pas la survie des femmes qui sont aux prises avec un cancer du sein métastatique. Cependant, les femmes qui ont participé au groupe de soutien ont obtenu une amélioration supérieure de leurs symptômes psychologiques et ont fait état de moins de douleur que les femmes du groupe témoin, particulièrement celles qui étaient les plus angoissées au départ source: http://www.fmed.ulaval.ca/mfa-cetp/articles/2002/02_03_27_2.htm
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