La mort d'un parentVersion abrégée par Marie-France Bourbeau Vivre le deuil d'un père ou d'une mère n'est jamais facile. Pour un enfant, cela signifie en plus, perdre un des liens affectifs les plus importants de sa vie au moment où il en a le plus besoin. Ce drame vient complètement bouleverser son équilibre intérieur. Claire Foch, la coordonnatrice des groupes de deuil Aux amis du Crépuscule, explique que les enfants traversent les mêmes étapes de deuil que les personnes adultes. Vient habituellement en premier, une période de choc et de déni à travers laquelle on éprouve un sentiment de vide et d'incrédulité. Au cours des semaines et des mois qui suivent, la peine est vive et la réalité est parfois trop douloureuse à accepter. Pour certains enfants, «la mort peut carrément être insupportable». Dans ces circonstances, elle entraîne un blocage qui peut retarder le travail de deuil. Une fois la mort acceptée, la souffrance s'installe pour un long moment. Heureusement pour eux, les enfants ne vivent pas les émotions de façon aussi constante que les adultes. Et même après avoir accepté la séparation définitive, «ils les extériorisent par ailleurs très différemment de nous». En période de souffrance, les enfants peuvent même sembler indifférents. Mais pour Josef Brynczka, psychologue, «si on analyse attentivement leurs jeux, leurs dessins ou leurs propos, on s'aperçoit rapidement qu'ils réagissent eux aussi. Leur peine s'exprime autrement.» L'intensité des réactions dépend de plusieurs facteurs. Mais quel que soit son âge, l'enfant vit généralement difficilement la séparation quand il s'agit d'une relation fusionnelle, avec la mère par exemple. Et puis, l'enfant a de la difficulté à comprendre l'aspect irréversible de la mort. Il peut sembler peu concerné par la mort en soi tout en étant affecté par la séparation. Il arrive que certains enfants régressent et adoptent le langage bébé ou recommencent à sucer leur pouce. Pour ce qui est des réactions physiques, l'enfant peut souffrir de maux de tête, de maux de ventre, avoir de la difficulté à dormir ou se désintéresser de tout ce qu'il aimait. Comment accompagner un enfant endeuillé? En lui permettant d'exprimer ce qu'il ressent, et d'extérioriser son amertume, sa tristesse, parfois même sa colère, on aide l'enfant à vivre sa souffrance. Car il ne s'agit pas de tourner la page pour lui mais bien de l'aider à passer à travers toutes les étapes du deuil. Il peut s'écouler des mois, voire même des années, avant que la personne endeuillée passe à l'étape de la reconstruction. «Ce n'est qu'en acceptant d'avoir mal qu'ils pourront «guérir» et grandir, dotés d'une nouvelle sensibilité.» Source : http://www.enfantsquebec.com/a_surveiller/Vol13no7/Mort/
La détresse d'un enfant
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